Tempête Klaus: Ferroutage du bois

Aménagements, constructions, projets, ferroutage, ...
Répondre
Avatar du membre
dionysos
Autoroute
Autoroute
Messages : 1790
Enregistré le : mar. 14 oct. 2008 11:45
Localisation : Saint-Denis-lès-Martel

Tempête Klaus: Ferroutage du bois

Message par dionysos »

Bonjour à  tous, dans le cadre de la valorisation du bois de tempête, RFF et la SNCF ont décidé de réouvrir au fret la gare de
Laboureyre.
Sud Ouest a écrit : Samedi 09 Mai 2009

DE 12 À 18 MOIS D'ACTIVITÉS, VOIES FERRÉES. Le bois de la tempête du 24 janvier sera acheminé par train, comme l'étaient les poteaux de mine il y a plus d'un demi-siècle. Témoignages

Une nouvelle ère du fret à  Labouheyre


Les anciens Francis Abadia (  gauche) et Marcel Lagofun se réjouissent que la gare de triage bouheyrote reprenne bientôt du service. (Photo pascal bats)
La nouvelle a réjoui la commune et ses environs, et a ravivé des souvenirs émus chez les anciens cheminots. La gare de triage de Labouheyre qui, il y a un demi-siècle, était le noeud ferroviaire pour l'expédition du pin des Landes, va reprendre du service. La SNCF et Réseau ferré de France (RFF) sont en train de réhabiliter le site pour y organiser les convois de bois abattus par la tempête du 24 janvier dernier. À partir du 25 mai, ce sont jusqu'à  deux trains par jour qui seront expédiés vers le nord de la France et de l'Europe (lire ci-contre).

Marcel Lagofun, 87 ans, s'en souvient comme si c'était hier. « J'ai été embauché en novembre 1945, dit-il, alors que je rentrais du STO en Allemagne. Mon rôle, c'était de préparer les wagons, de les accrocher pour que les gars puissent charger tranquillement. C'étaient des troncs de 4 mètres de haut, choisis pour étayer les mines de charbon ou de fer. Quand le poteau en pin des Landes craquait, cela signifiait qu'il allait bientôt céder. Un avertissement utile pour les ouvriers qui travaillaient dessous. »

Wagons chargés à  l'épaule

Un temps où les wagons étaient chargés à  la main, les ouvriers portant les poteaux sur l'épaule, ajustant chaque pièce d'un coup sec et précis, pour l'adosser aux autres sur la plate-forme. « Un travail très dur, souligne l'ancien. Le bois n'était pas encore sec, et de plus il était créazoté, traité contre les maladies et les champignons. Les pauvres ouvriers qui chargeaient ça à  la main avaient l'épaule pelée comme un serpent. Il y avait du pin, beaucoup, mais aussi du chêne, de temps en temps. »

Un train par semaine quittait la gare bouheyrote pour Bordeaux, un autre pour Bayonne, et les troncs de bois étaient apportés non sur des camions, mais par des attelages de mules.

Raymond Duro, 89 ans, qui travaillait au matériel et à  la distribution des wagons, a des souvenirs plus anciens encore. « C'était pendant l'Occupation, raconte-t-il, on faisait jusqu'à  250 wagons par jour. Des wagons de 15 à  30 tonnes, qui emportaient des traverses, des billons, du bois de sciage, des baraquements. à‡a partait vers le Nord et l'Est, mais les Allemands en importaient aussi beaucoup. Les bois venaient de toute la lande, et on recevait aussi des trains de Mont-de-Marsan, Sabres, Bias, par les lignes secondaires. Il y avait 47 agents pendant la guerre, qui s'occupaient des marchandises ou des voyageurs. »

« Cela a duré jusqu'à  1947, où il y avait aussi beaucoup de passagers, que l'on mettait dans des tombereaux quand on n'avait plus de voitures libres. En revanche, je me souviens que le vendredi après-midi, il y avait 200 à  300 vélos en bagages. Les gens partaient vers les Charentes, pour se ravitailler ! »

Des bois de Bias et de Sabres

Francis Abadia, dit Titou, 71 ans, n'a pas connu tout cela. « J'ai commencé en 1966, dit-il, à  l'entretien des voies. Il y avait encore beaucoup de trains de bois pour le papier, la trituration. On recevait toujours des wagons de Bias, Sabres et Mont-de-Marsan. De gros volumes de papier venaient aussi de Mimizan. On partait au boulot à  4 heures du matin, et on ne s'arrêtait pas pour casser la croûte. »

Rapidement, toute cette activité autour des voies ferrées de Labouheyre va reprendre. Des monceaux de pierre ont été amenés pour consolider le sol, tandis que de nouveaux rails sont en train d'être installés à  proximité de l'ancien site, afin de faciliter l'accès aux camions semi-remorques pour le chargement sur les wagons. Une autre ère du fret qui redémarre à  Labouheyre.

Jean Dhobie, directeur commercial Sud-ouest pour le fret matériaux à  la SNCF, confirme que « les perspectives d'expédition de bois par voie ferrée sont significatives. Nous avons déjà  repris depuis Morcenx et Mont-de-Marsan, des trains de 22 à  25 wagons de 50 tonnes, deux par semaine actuellement. Mais nous allons monter en cadence, et quand Labouheyre aura démarré, en principe à  partir du 25 mai, nous pensons atteindre un rythme beaucoup plus soutenu, deux trains de 1 200 tonnes par jour, soit dix à  douze trains par semaine. »

Du bois d'industrie, pour des grosses entreprises du nord de la France et de l'Europe, à  base de bois de la tempête qui ont un besoin de dégagement massif et rapide. Il n'y aura en principe pas de personnel supplémentaire, « parce que nous allons redéployer une partie du personnel en place, explique M. Dhobie. En tout cas, le dossier évolue vite, et nous n'excluons pas de mettre en place d'autres sites d'expédition. » En principe, celui de Labouheyre est réactivé pour une durée de 12 à  18 mois, mais il se dit aussi qu'il pourrait être pérennisé.

Auteur : Jean-Louis Hugon
jl.hugon@sudouest.com
Avatar du membre
basco - landais
Patrouilleur
Patrouilleur
Messages : 9398
Enregistré le : sam. 30 août 2008 18:29
Localisation : A63 pas loin du PK 148 (Sud Landes)

Message par basco - landais »

C'est vrai que Labouheyre est situé pratiquement au centre de la zone touchée par la tempête.
Quelques centaines de milliers de stères de bois ont été dégagés et stockés le long des voies forestières pour etre acheminés sur des zones de stockage à  aspertion d'eau continue avant d'etre revendue.
lors de la tempete de 99, ce sont les espagnolsqui ont été les plus gros demandeurs, mais la crise economique étant, ce sont donc les pays du nord qui sont demandeurs.

Heureuse et bénéfique inititive de RFF et de SNCF FRET qui profite de cette opportunité pour faire (re)vivre ce triage, et dégager ainsi l'axe RN 10 -- A63 déjà  bien encombré.

Si les prévisions de Dhobie se revelent exactes, ce seront au minimum entre 1000 et 1200 PL de moins par semaine sur cet axe
Avatar du membre
dionysos
Autoroute
Autoroute
Messages : 1790
Enregistré le : mar. 14 oct. 2008 11:45
Localisation : Saint-Denis-lès-Martel

Message par dionysos »

Ouais, ça prouve, enfin il faut l'espérer, que l'on commence à  arrêter la casse de Fret SNCF, en faisant l'effort de prendre des marchés qui sont demandeurs.
gavatx76
Autoroute à grande vitesse
Autoroute à grande vitesse
Messages : 4482
Enregistré le : jeu. 01 nov. 2007 01:50
Localisation : 41º20'N 02º02'E

Message par gavatx76 »

basco - landais a écrit :... Lors de la tempête de 99, ce sont les espagnols qui ont été les plus gros demandeurs, mais la crise economique étant, ce sont donc les pays du nord qui sont demandeurs...
Plus que la crise économique, c'est plutôt le fait que le nord de l'Espagne a été également durement touché par la deernière tempête :? . Malgré cela, il y a des importations de bois landais vers la péninsule ibérique, les producteurs espagnols criant d'ailleurs à  la concurrence déloyale, le bois français étant subventionné par le gouvernement, ce qui n'est pas le cas du bois espagnol :wink: .
Avatar du membre
basco - landais
Patrouilleur
Patrouilleur
Messages : 9398
Enregistré le : sam. 30 août 2008 18:29
Localisation : A63 pas loin du PK 148 (Sud Landes)

Message par basco - landais »

gavatx76 a écrit :
basco - landais a écrit :... Lors de la tempête de 99, ce sont les espagnols qui ont été les plus gros demandeurs, mais la crise economique étant, ce sont donc les pays du nord qui sont demandeurs...
Plus que la crise économique, c'est plutôt le fait que le nord de l'Espagne a été également durement touché par la deernière tempête :? . Malgré cela, il y a des importations de bois landais vers la péninsule ibérique, les producteurs espagnols criant d'ailleurs à  la concurrence déloyale, le bois français étant subventionné par le gouvernement, ce qui n'est pas le cas du bois espagnol :wink: .
Peut on parler de concurrence déloyale quand la reglementation sur les transports n'est pas du tout la meme en France et en Espagne : temps de conduite, prix du gas oil, des taxes, des couts salariaux, etc .....
Pratiquement 90% du transport du bois par la route en Aquitaine est fagocité par les transporteurs espagnols :wink:
Avatar du membre
super5
Autoroute à grande vitesse
Autoroute à grande vitesse
Messages : 6109
Enregistré le : ven. 19 sept. 2008 11:29
Localisation : Environs de Paris

Message par super5 »

basco - landais a écrit :
gavatx76 a écrit :
basco - landais a écrit :... Lors de la tempête de 99, ce sont les espagnols qui ont été les plus gros demandeurs, mais la crise economique étant, ce sont donc les pays du nord qui sont demandeurs...
Plus que la crise économique, c'est plutôt le fait que le nord de l'Espagne a été également durement touché par la deernière tempête :? . Malgré cela, il y a des importations de bois landais vers la péninsule ibérique, les producteurs espagnols criant d'ailleurs à  la concurrence déloyale, le bois français étant subventionné par le gouvernement, ce qui n'est pas le cas du bois espagnol :wink: .
Peut on parler de concurrence déloyale quand la reglementation sur les transports n'est pas du tout la meme en France et en Espagne : temps de conduite, prix du gas oil, des taxes, des couts salariaux, etc .....
Pratiquement 90% du transport du bois par la route en Aquitaine est fagocité par les transporteurs espagnols :wink:
Et ça va être encore pire avec la libéralisation du cabotage par les camions étrangers ...
Répondre