Re: La Langue sur les panneaux
Posté : ven. 04 avr. 2025 07:47
Ce qui m'énerve dans ce genre d'histoire, c'est que ça ligue les associations du breton et du gallo l'une contre l'autre (peut-être volontairement), alors qu'elles veulent chacune leur reconnaissance.colvert a écrit : ↑ven. 04 avr. 2025 07:39 Alors que la réglementation ne prévoit pas le multilinguisme sur les panneaux de signalisation, L’État, sensé appliquer la règle, a malgré tout accepté celui-ci sur les panneaux de route nationale en Bretagne, sauf que mettre en seconde langue du breton en pays gallo çà ne passe pas...
https://actu.fr/societe/rn-164-en-breta ... 48087.htmlhttps://actu.fr/bretagne/loudeac_22136/ ... 49613.htmlRN 164 en Bretagne : « Ces nouveaux panneaux bretons n’ont rien à faire ici »
Le tronçon de 2x2 voies entre Plémet et Merdrignac, autour de Loudéac (Côtes-d’Armor), laisse apparaître des panneaux qui interpellent : de la langue bretonne, en plein pays gallo.
Représentants de l’ODCM et du Cac Sud 22 devant un panneau tout frais, le long de la RN164 à Plémet, près de Loudéac (Côtes-d’Armor), lundi 31 mars 2025. ©Alexandre Da Silva
Par Alexandre Dasilva Publié le 1 avr. 2025 à 9h53 ; mis à jour le 2 avr. 2025 à 16h28
L’incompréhension s’installe dans les environs de Loudéac (Côtes-d’Armor)…
Lundi 31 mars 2025, deux associations, le Cac Sud 22 et l’ODCM, portent la parole des habitants pour pointer du doigt l’installation de panneaux de signalisation le long de la 2×2 voies de Plémet – Trémorel.
En complément du nom des communes en français, c’est leur traduction en breton qui apparaît.
Une hérésie pour certains habitants du pays de Loudéac où le gallo reste la langue régionale reconnue, et encore bien vivante.
Le long de la RN164, de nouveaux panneaux
« Nous ne sommes pas contre le breton. Nous sommes pour l’existence des deux langues régionales, en respectant la culture de chaque territoire », prévient Anita Rouault, présidente du Comité d’Action Culturelle Sud 22 (Cac Sud 22).
Cette action découle de l’apparition des nouveaux panneaux le long de la 2×2, avec les travaux en cours sur la RN 164, entre Loudéac et Trémorel.
« Nous sommes interpellés par des habitants et des élus depuis quelques semaines. Ils ne comprennent pas pourquoi c’est le breton qui l’emporte sur ces panneaux, sans même qu’il y ait de discussion », poursuit Serge Hamon, président de l’Office de Développement Culturel du Mené (ODCM).
Ils ont le sentiment que leur patrimoine, leur langue et leur culture sont ignorés, voire niés.
Anita Rouault, présidente du Cac Sud 22
Des noms bretons « totalement inventés »
Autre paradoxe : l’invention de certains noms de communes. « Ici, dans le pays de Loudéac, les habitants et leurs ancêtres ont toujours appelé »Plémet » en parlant de »Pieumeu » en gallo, alors qu’aujourd’hui l’État leur impose le breton »Plezeved ».
Même constat pour »Meurdrignã » en gallo remplacé par le breton »Medrigneg ».
Et le pire : « ces noms en bretons ont totalement été inventés, ils n’existent pas… »
Une langue "profondément enracinée"
Dans les environs de Loudéac, Plémet et Merdrignac, « la langue gallèse est profondément enracinée et demeure vitale », rappellent le Cac Sud 22 et l’ODCM.
Anita Rouault rappelle que l’enquête sociolinguistique de 2024, commandée par la Région Bretagne, "révèle que le territoire de Bretagne Centre compte encore un grand nombre de locuteurs de langue gallèse (20 %)".
Les représentants des deux associations culturelles rappellent également l’article 50 de la Déclaration Universelle des Droits Linguistiques, signée par 90 pays en 1996, qui affirme que : « Toute communauté linguistique a le droit d’exiger une présence prédominante de sa langue dans la publicité, sur les enseignes commerciales, dans la signalétique, et d’une façon générale, dans l’image du pays ».
La balle dans le camp des élus
Lundi 31 mars 2025, « tous les élus de la communauté de communes Bretagne Centre, les conseillers départementaux et régionaux, les députés et d’autres structures » ont reçu un courrier pour faire part de cette « trahison ».
Pour la suite ? « Ce n’est pas à nous d’agir », souligne Anita Rouault qui rappelle les missions du Cac Sud : accompagner les projets des habitants sur le territoire. « Ça passe aussi par le fait de porter leur parole ».
Mais en s’adressant aux élus, les membres de deux associations culturelles du Centre-Bretagne les invitent à prendre le sujet en mains.
L’idée étant, dans l’idéal, de voir remplacer les noms en bretons par du gallo, en terres gallèses.RN 164 : « L’État doit avoir conscience de cette réalité, la Bretagne a deux langues régionales »
Mardi 1er avril 2025, Corentin Le Fur, député de Loudéac-Lamballe (Côtes-d’Armor), s’exprime au sujet de « l’oubli » du gallo sur les nouveaux panneaux de la 2x2 voies.
Par Alexandre Dasilva Publié le 1 avr. 2025 à 12h25
Les élus des environs de Loudéac (Côtes-d’Armor) ont reçu, lundi 31 mars 2025, un courrier de la part de l’Office de Développement Culturel du Mené et du Comité d’Action Culturelle Sud 22.
Les deux associations souhaitent les interpeller sur une situation qui chagrine les habitants : l’apparition de panneaux de signalisation le long de la nouvelle 2×2 voies entre Plémet et Merdrignac, avec les noms des communes en breton plutôt qu’en gallo.
Corentin Le Fur, député de la troisième circonscription des Côtes-d’Armor (Loudéac – Lamballe), les soutient.
Une prise de conscience de l’État
« Le gallo ne doit pas être oublié. La Bretagne a deux langues régionales à part entière : le breton et le gallo », souligne le député.
« L’État doit avoir conscience de cette réalité et en pays gallo, il doit intégrer la langue gallèse à sa signalétique ».
Le gallo est oublié alors que les bassins de Merdrignac, Plémet et Loudéac sont de langue gallèse. Nombreuses sont les personnes à m’avoir fait part de leur indignation.
Corentin Le Fur
Une circo à « 90 % gallèse »
« En tant que député de cette circonscription, qui est à 90 % gallèse, j’ai donc demandé au préfet de Région de corriger ce regrettable oubli avant qu’il ne soit considéré comme un mépris envers le gallo », conclut Corentin Le Fur.
Le souci, c'est que le lobby du breton est beaucoup plus présent que celui du gallo, or l'Etat renâcle à reconnaître les langues régionales.
Idéalement il faudrait des seuils locaux comme en Finlande (là bas c'est un modèle sur le sujet) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Signalisa ... e#Finlande.
