jéjé64 a écrit :Avec les mesures présenter par le gouvernement hier, il y a trois gros chantiers autoroutiers qui vont être relancés en urgence : le passage de la RN 10 en A63, la poursuite de l'autoroute A150 et le contournement de Strasbourg. Egalement le chantier de nouvelles LGV avant 2015 et de nombreux chantiers de rénovation en IDF des métros et RER et aussi des TER en régions.
En urgence, bon... comme on l'a souligné dans d'autres posts, ces projets autoroutiers n'avaient en aucun cas été bloqués par le GdE , vu qu'ils ont été DUPés cette année, on ne peut donc pas dire qu'ils soient relancés. Il y a là d'ailleurs une erreur de com' assez curieuse je trouve de la part du gouvernement, car relancer des projets bloqués par le GdE reviendrait à signifier que la crise éco seule serait suffisante pour venir à bout des résolutions prises lors du grand raoût ministériel de l'année dernière ... Alors qu'en plus l'A63 et l'A355 sont des projets badgés grenello-compatibles (le sont-ils en réalité, c'est un autre problème, mais en tout cas ils entrent dans les critères de réalisation post-GdE). Enfin bref, je pense pas que le grand public va y comprendre grand chose : on fait le GdE, la crise s'amène, et pour la relance on remet sur la table des projets soit disant bloqués par le GdE, tout en disant que ce dernier est maintenu en prenant les LGV à témoin.
C'est encore plus bidonnant avec l'A150 : un tronçon de 15km oublié depuis Jospin et dont toute la France se fout éperdument : la relance va donc se jouer du côté d'Yvetot en Seine-Maritime ... Le Havre ou Rouen, c'est important, mais dans le cas présent en termes de com' un nouveau franchissement de la Seine aurait été infiniment plus porteur : ça aussi c'est plus ou moins dans les cartons, et ça au moins les français savent le positionner sur une carte.
Alors, évidemment, pour nous qui suivons l'actualité autoroutière et les publications au JO, ce programme de relance autoroutière, c'est à pleurer de rire. Les associations écolos l'ont bien compris en ne montant volontairement pas au créneau, alors que les grands groupes de BTP se sont empressés d'applaudir la nouvelle à deux mains - alors qu'A150 et A355, c'est pour eux des clopinettes -
Et pour les PDMI, parler d'"accélération de la réalisation des programmes de modernisation" alors que l'Etat a refilé en 2005 60% de son réseau aux départements, ça prête plus à sourire qu'autre chose.
Itou pour les LGV, au lieu de relance, c'est à peine une confirmation... LGVSEA Tours-Bordeaux a d'ores et déjà glissé vers une MES de l'intégralité de la LGV en fin 2015-début 2016, alors qu'il y a quelques mois encore on osait annoncer Angoulême-Bordeaux pour 2013 : la moitié du linéaire à construire prend 3 ans dans l'aile, et on parle de relance, c'est quand même à s'en taper les cuisses ...
Fin 2007 lors de la DUP de la LGV BPL on parlait encore - officiellement - d'une MES à la fin de l'année 2012 (!). Apparemment aujourd'hui il faudrait plus miser sur 2014, voire 2015. Boum, deux ans de retard, j'en prends le pari. A qui la faute il faut dire, vu que lorsque le gouvernement fin 2007 a parlé de 2012-2013, personne à RFF comme sur SARA n'y croyait.
Après ça on a Nîmes-Montpellier qui est balloté depuis une dizaine d'années au gré des vents, Borloo ayant parlé au mois de juin d'un démarrage des travaux en 2010. Pour le coup oui, il s'agit d'une relance, le projet étant sérieusement dans les cartons depuis la bonne vieille époque de la LGV Med.
Et on a enfin la LGV Est 2 qui va permettre de relier plus rapidement le siège parisien de l'UMP à son enclave de province. Bon, celle là aussi, un temps sérieusement menacée, elle a pu être sauvée, et je ne suis hélas pas entièrement sûr que les résultats des élections régionales n'y soient pour rien.
Sur les autres lignes ferrées, on parle de Nantes-Châteaubriant, dont la renaissance est surtout à mettre au crédit de la Région et du Département, qui ont eu pas mal de démêlés avec l'Etat et le préfet, son représentant.
Drôle aussi, les blablas sur les régénérations et électrifications, où Fillon se fait un peu mousser (la part de l'Etat dans l'électrification de Tours-Vierzon, dernière en date, était de 28%. A titre de comparaison la région a pris 56%, l'Europe 15% et RFF moins d'1% ...) : dans les faits l'Etat fait la guéguerre avec les régions, presque toutes de gauche, pour qui tirera le plus vers lui les succès de la branche TER, et pour qui on refilera la patate chaude de l'état défectueux des voies.
Ce qui m'inquiète le plus dans tout ça, c'est l'absence totale dans le communiqué de la présidence de blabla sur les transports en commun. On sait qu'en IDF c'est une autre guéguerre qui se joue entre Blanc et Huchon (et les mêmes histoires de patate chaude notamment pour Arc Express, qu'on refile ou bien au STIF ou bien à RFF, ce qui a de lourdes incidences sur le financement). Mais en province, c'est pas les réseaux de tram, de BHNS ou tout simplement de bus ayant besoin d'argent qui manquent, et j'ai un peu peur que voir le baril revenir à 40$ n'ait calmé les ardeurs verdoyantes de certains.