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[ Planification ] Rapport COI 2026

Posté : jeu. 30 avr. 2026 07:29
par G.E.
Si vous ne l'avez encore lu, le rapport du COI est accessible indirectement : https://fneasso-my.sharepoint.com/perso ... intes&ga=1

Son objectif est de retarder les projets car l'Etat n'est plus capable de les financer par lui-même, tout comme il est incapable de trouver des financements alternatifs raisonnables. On y lit tout l'échec de la politique française de planification des transports depuis plus de 15 ans. Quant au détail des projets, le comble est que le moins urgent et utile, à savoir le canal Seine-Nord, est dans les tuyaux avec un coût non maîtrisé.

S'il ne faut retenir qu'une chose, c'est la figure 46 page 102 qui met en parallèle les maigres financements consentis (pointillés rouges) et le mur de financement à venir ((autres courbes). L'Etat a eu beau surnormaliser, temporiser, renoncer à des projets, etc. le peu qu'il reste est désormais prêt à être lancé et il manque plus de la moitié des fonds.

Sur ce point, la loi de programmation des transports à venir est un échec car elle ne propose rien d'autre que de temporiser à nouveau en attendant l'hypothétique rente des futures concessions autoroutières dans 10 ans. Comme si les concessions actuelles ne rapportaient rien en taxes diverses. Tout cela n'aide guère, heureusement ce rapport sur commande du COI offre le prétexte de reporter encore et toujours, avec le prétexte des futurs SERM lancés mais eux aussi non financés. Très pathétique.

Sur les très rares projets routiers, peu de surprises :
- Contournement de Rouen : pas de consensus, on abandonne officiellement. Hypocritement, on suggère en note de bas de page n°70 page 86 que le trafic de transit passera à l'Ouest via la pénétrante Sud...
- Liaison Fos-Salon : projet considéré prioritaire dans les rapports précédents, mais où l'Etat n'engage pas les études et procédures, langue de bois totale de l'avis : "Le Conseil constate le potentiel intérêt économique du projet pour la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer"... Super !
- A154-A120 : on continue sans conviction, le projet étant porté politiquement.
- A31 Bis Nord : on continue, ça ne coûtera rien.
- RN2 : remise en cause de la 2x2 voies, sans surprise, on voit bien que dans les faits les rares déviations projetées sont au rabais : giratoires + 2+1 voies
- A54 Arles : soutien assez net.

Et puis il y a les absents de la commande :
- A31 Bis Sud ? On considère que Nancy n'a pas besoin d'être déviée ?
- A63 Sud de Bordeaux ? Aucun sujet sur cette section à bout de souffle.
- A7 saturée en Vallée du Rhône ? Connaît pas...
- Contournement de Lyon ? Quoi ?
- Francilienne Ouest ? Chut...
- Toutes les autres RN renvoyées aux CPER et aux initiatives locales.

Quant au niveau ferroviaire, on blablate beaucoup et on n'engage pas grand chose, comme très souvent :
- Sections de lignes saturées ? On constate et on propose peu. Copie à revoir, il n'est plus temps de visualiser mais d'agir.
- LGV Montpellier - Perpignan : on poursuit au même rythme, de toutes façons il faut attendre encore longtemps le début des travaux.
- LGV PACA : on poursuit au même rythme, le projet a toutes façons été très raboté au-delà de Marseille.
- LGV Bordeaux - Toulouse/Dax : on poursuit mais sans financement, le rapport ne statue pas clairement sur Bordeaux - Dax, on sent que chaque mot a été pesé sur ce champ de mines.
- LGV Rhin-Rhône 2 : on abandonne sans le dire, tout est obsolète alors que les études avaient été menées jusqu'aux acquisitions foncières. Un beau gâchis.
- LGV Sillon Alpin : beaucoup de blabla, report de quasi-tout le programme dans les faits, et une priorité sur le CFAL Nord (non financée) et la mise à 4 voies urgentissime de Saint-Fons - Grenay. L'exemple-type d'une faillite dans la conduite d'un projet trop coûteux, peu phasable et dont personne ne sait que faire depuis que le percement du tunnel de base franco-italien a été lancé.
- Liaison Bretagne/PDLL : du baratin, rien de concret et vu le trafic, il n'en sortira pas grand chose.
- LGV Normandie : priorité à la désaturation de Saint-Lazare et à quelques aménagements qualitatifs entre Paris et Mantes, le reste est flou.

Re: [ Planification ] Rapport COI 2026

Posté : ven. 01 mai 2026 13:32
par tanaka59
Bonjour,

Merci du partage. Je vais consulter cela en détail.

Il serait également intéressant de compiler des "listes" de projets ici et l0 pour avoir le "cout" de "non réalisation" de ce qui est en attente.

Des projets qui ne figurent pas forcement dans la liste mais très urgents au niveau national ... N7 , N42 , D939 ex N39 , N25 , N88 , Mont de Marsan <> A63 , N19 , etc ... En complément des contournements d'agglos.

Il y a un travail énorme en attente de réalisation.

Re: [ Planification ] Rapport COI 2026

Posté : ven. 01 mai 2026 16:47
par G.E.
Le rapport considère uniquement les "grands projets", notion assez floue. Pour le reste, il y a les CPER et de rares opérations particulières.

Le tout est financé via l'AFITF qui est une coquille vide, sans aucune autonomie financière.

On y lit cependant le budget annuel, tableau page 17. Les AE (autorisations d'engagement) concernent les opérations nouvelles et les CP (crédits de paiement) ce qui est réellement dépensé.

:arrow: https://www.afit-france.fr/sites/defaul ... 202024.pdf

Tableau très intéressant où on voit, entre autres, que le puits sans fond du Lyon-Turin (on parle ici du seul tunnel de base, pourtant cofinancé par l'Italie et l'Europe) pèse aussi lourd que les CPER ferroviaires et assimilés ou que les CPER routiers sur tout le territoire.

Re: [ Planification ] Rapport COI 2026

Posté : sam. 09 mai 2026 10:51
par Julien94
Le premier lien ne fonctionne plus, voici un nouveau lien : https://www.ecologie.gouv.fr/sites/defa ... ix-2_0.pdf

Re: [ Planification ] Rapport COI 2026

Posté : mar. 26 mai 2026 07:15
par claudia39
Ce rapport illustre bien la situation critique du financement des infrastructures en France, où la capacité d’investissement de l’État est clairement dépassée. Ce qui me paraît crucial à ce stade, c’est de regarder plus en profondeur le rôle des partenariats public-privé (PPP) au-delà des concessions autoroutières classiques. On parle souvent de leur rente future, mais peu d’initiatives réelles émergent pour diversifier les modèles financiers, par exemple en associant plus étroitement les acteurs locaux ou en valorisant mieux les gains induits par les projets (développement économique, réduction des coûts externes). Sans repenser ces mécanismes, on risque de rester coincés dans un cercle où les grands projets sont gelés, faute de trésorerie, tandis que les petites opérations locales, pourtant vitales, attendent dans l’ombre. Peut-être qu’un focus sur des projets modulaires et à coût maîtrisé, avec une montée en charge progressive, permettrait de débloquer plus rapidement certaines opérations, tout en gardant une vision globale plus réaliste. Ce serait aussi une manière de sortir du tout « gros projet » qui finit par tout paralyser...

Re: [ Planification ] Rapport COI 2026

Posté : mar. 26 mai 2026 20:24
par tanaka59
Bonjour
claudia39 a écrit :Ce rapport illustre bien la situation critique du financement des infrastructures en France, où la capacité d’investissement de l’État est clairement dépassée.
C'est oublié les acteurs locaux au passage.

Depuis le début des années 2000 nous avons eu LRL , RCT , MAPTAM , ALUR , NOTRe , LOM , 3/4DS.

Etre temps les départements ont récupéré du réseau RN , devenu RD.

Puis il y a eu la création d'échellon "batard" . Les collectivités territoriale comme l'Alsace et la Corse (des régions dans la région) et aussi des statuts particuliers de DOM-TOM . Une partie du réseau RD est devenu RT.

Le dernier né sont les RM , avec le transfert de RD et RT aux intercommunalités à statut métropolitains.

Les CD , CT et intercos métropolitaines ont récupéré les budgets , les voiries ET les projets qui vont avec. Mais les budgets n'ont pas suivi.
claudia39 a écrit :Ce qui me paraît crucial à ce stade, c’est de regarder plus en profondeur le rôle des partenariats public-privé (PPP) au-delà des concessions autoroutières classiques.
Grace aux nouvelles lois les collectivités locales peuvent maintenant concéder des VE , au même titre que l'état. Donc il n'y a rien de nouveau ... juste faire appliquer ce que l'état à fait à son niveau mais pour des collectivités dans le cas présent.
claudia39 a écrit :Sans repenser ces mécanismes, on risque de rester coincés dans un cercle où les grands projets sont gelés, faute de trésorerie, tandis que les petites opérations locales, pourtant vitales, attendent dans l’ombre.
Ne nous voilons pas la face , nous y somme . Au 4 coins de la France les collectivités locales ont récupéré des projets routiers qui l'état ou les certains CD n'ont pas lancé faute de crédit ou par idéologie politique.
Peut-être qu’un focus sur des projets modulaires et à coût maîtrisé, avec une montée en charge progressive, permettrait de débloquer plus rapidement certaines opérations, tout en gardant une vision globale plus réaliste. Ce serait aussi une manière de sortir du tout « gros projet » qui finit par tout paralyser...
J'ai identifié au niveau national 25 projets dans 10 agglomérations pour un montant de 12/14 milliards d'€ .

A ces projets on pourrait ajouter la N88 , l'A51 et la N4 pour 4 à 6 milliards de plus .

Pour résumer la prochaine "vague" de projets à réaliser sont les chainons manquant pour relier des axes entre eux . Un peu comme ce qui se fait à Montpellier pour l'A750 / N109 .