Politique
L’état actuel de la RN 145 inquiète le conseil municipal de Bellac
Publié le 13/11/2023 à 10h55

Cette nationale est devenue particulièrement accidentogène. Photo d'illustration - Archives © franck jacquet
Dans le nord Haute-Vienne, et notamment à Bellac, le désenclavement est la préoccupation de tous. Outre la RN 147, l’état actuel de la RN 145 inquiète. Le 9 novembre, une délibération du conseil municipal a porté sur l’adhésion de la commune à l’Association pour la continuité de la RCEA.
Depuis plusieurs décennies, la RN 147 est au coeur des débats, entre le projet avorté d’autoroute concédée, les travaux en 2x2 voies, leur financement et un calendrier à rallonge. Pourtant, une autre route nationale dessert le nord Haute-Vienne et par là même Bellac : la RN 145. Un axe dit "économique" car très fréquenté par les poids lourds, représentant 46 % des 8.500 véhicules/jour. Entre La Croisière et Bellac, on dénombre 3.903 camions/jour (1.072 pour la RN 147 et 2.831 pour la RN 145). Aussi, le tracé de la chaussée de la 145 ne correspond plus à son trafic, qui augmente chaque année de 3 %. Au fil des ans, cette nationale est devenue particulièrement accidentogène.
L’Association pour la continuité de la route Centre Europe Atlantique (la RCEA), regroupant en outre Droux, Dompierre-les-Églises, Magnac-Laval, Saint-Amand-Magnazeix, Villefavard, Saint-Sornin-Leulac, Châteauponsac, Rancon, Blanzac…, s’est récemment constituée.
Des revendications jugées "légitimes"
Ses revendications sont multiples : passage en 2x2 voies de la RN 145 dans les meilleurs délais et des aménagements entre Bellac et La Croisière, dont, entre autres, la création de deux aires de repos pour les poids lourds afin d’améliorer la sécurité de tous et les conditions sanitaires des chauffeurs, ainsi que de zones de dépassement. Une demande porte également sur une dotation spéciale de l’État pour les communes traversées afin de "les aider à supporter le surcoût du trafic (nettoyage, toilettes publiques, traitement des ordures ménagères et des déchets…)" et pour "atténuer les nuisances pour tous les riverains (anti-bruit, triple vitrage pour les habitations situées le long de la route…)".
Pas de proposition "énervée" des écolos ?
Une délibération* était à l’ordre du jour pour adhérer à cette association, la cotisation étant fixée à 0,20 € par habitant, soit 700 € (somme arrondie) pour Bellac en 2024.
Pour l’opposition, Thierry Spriet a ironisé : "Pour l’A147, nous avons entendu des propositions énervées car on allait abîmer des arbres. Là, on n’entend pas les écolos alors que les demandes auraient pu être les mêmes…" Claude Peyronnet, le maire, lui a répondu : "On est bien d’accord. La fréquentation de la RN147 est de 8.250 véhicules par jour alors qu’ils sont 8.433 sur la RN145, dont une noria permanente de poids lourds. Même si une première zone pour 12 véhicules de plus de 3,5 tonnes a été aménagée par la DIRCO à Saint-Sornin-Leulac, les autres arrivent bien souvent à Bellac le week-end. Je ne suis même pas sûr que le hors gel soit assuré sur cet axe. Et que dire des 'conditions de vie' pour les chauffeurs…"
Et l’élu de la minorité de conclure, moqueur : "Avec des aménagements progressifs, rendez-vous dans 50 ans !"
(*) adoptée avec 5 abstentions de l’opposition
Anne-Marie Muia