Transports en commun : qui paye quoi ?
Le tramway fête ses cinq ans. Avec une fréquentation qui ne cesse de progresser.
Au fait, qui paie quoi pour faire fonctionner bus et tramway ?
Pourquoi, comment ?
Toujours plus de voyageurs
Cinq ans après la mise en service du tramway, le 17 novembre 2007, le réseau Setram transporte
désormais une moyenne de 50 000 voyageurs par jour. Essence chère + transport en commun
confortable + rapidité + régularité = hausse continue de la fréquentation. C'est en tout cas l'analyse
du patron de la Setram, Jean-François Soulard, vice-président (PC) du Mans Métropole en charge
des transports en commun.
La hausse de la fréquentation, attendue en 2012 (entre 0,8 et 1 %), sera toutefois très inférieure à
celle de l'an passé (+ 6 %). La faute en partie aux travaux de construction de la seconde ligne de
tramway, qui continue de perturber la circulation de certaines lignes de bus.
« Mais on peut s'attendre à une nouvelle forte progression de la fréquentation, avec l'arrivée, fin 2014,
de la deuxième ligne et du bus en site propre entre la gare et Allonnes, prédit Jean-François Soulard. Et
le rapport tramway-bus, actuellement à 51/49, devrait grimper à 60/40. »
Un budget de 43 millions d'euros...
La Setram est pilotée, via une délégation de service public, par le groupe Keolis. En 2012, le budget
tourne autour de 43 millions d'euros, dont 27 consacrés aux dépenses de personnel. Il faut payer les
425 conducteurs (sur quelque 600 salariés).
La billetterie rapporte environ 12 millions d'euros. Pour assurer l'équilibre, Le Mans Métropole verse
31,4 millions de contribution forfaitaire. Mais, depuis le lancement du tramway, la part de la billetterie
est passée de 25 à 30 % des recettes de la Setram, soit 5 points au-dessus de la moyenne nationale.
« C'était un objectif de la collectivité. En augmentant la qualité du service, nous avons estimé que
l'usager pouvait payer un peu plus. »
... largement financés par les entreprises
Le versement transport (VT) rapporte environ 37 millions d'euros par an à Le Mans Métropole. Il est
acquitté par les entreprises de plus de neuf salariés, en pourcentage de leur masse salariale. Le Mans
Métropole a voté le taux maximum (2 %) et le justifie par la qualité du réseau et le tramway.
Couplés aux recettes de la billetterie, les 37 millions du VT sont suffisants pour assurer le fonctionnement
et les investissements courants de la Setram (entretien, nouveaux bus, etc.). En revanche, Le Mans Métropole
a dû mettre la main à la poche pour financer les deux lignes de tramway (350 millions + 80 millions d'euros).
Un quart des voyageurs ne paie pas
« La gratuité n'existe pas, rappelle Jean-François Soulard. À l'arrivée, c'est la collectivité, donc le contribuable,
qui paie. Après, notre collectivité fait des choix de tarification. » Contrairement à une idée encore répandue,
la gratuité n'existe plus pour tous ceux qui ont dépassé 65 ans. Seuls les retraités les plus modestes (8 907 €
par an pour une personne, 14 181 € pour un couple) voyagent gratuitement avec la carte Azur 1. Même chose
pour les chômeurs en fin de droits.
Les retraités avec un revenu annuel inférieur à 17 816 € (28 364 € pour un couple) ont droit à la carte Azur 2,
pour seulement 42 € par an. C'est beaucoup moins que les 219 € déboursés par un retraité « normal », ou encore
les 400 € de l'abonnement annuel tout public.
« Dans l'absolu, il serait plus juste de fixer tous les tarifs en fonction du niveau de ressources. Mais, c'est très
compliqué à mettre en place et cela risque de tourner à l'usine à gaz, souligne Jean-François Soulard qui reconnaît
cependant qu'à l'avenir, nous allons devoir mener une réflexion sur les tarifs sociaux ».