Il y a, à mon sens, un fouillis dans les types de signaux qui traduit une difficulté à signaler certaines subtilités.
Par exemple, les voies réservées ne sont pas toujours signalées par des panneaux de prescription, puisque les voies réservées aux cycles ne sont plus obligatoires depuis 1998, ce qui a mené à la création du panneau d’indication C 113.
Dans l’autre sens, les routes à accès réglementé, notamment les autoroutes, sont signalées par des panneaux d’indication qui ne portent aucune prescription. Et pourtant, initialement, plusieurs panneaux ronds étaient prévus (illustré dans le livre de J. Nouvier et M. Duhamel-Hertz) mais c’est le modèle rectangulaire qui a été adopté.
La prescription n’est pas dans la définition du panneau mais dans le Code de la route, le panneau ne fait que signaler l’entrée d’une route à statut particulier.
Mais puisqu’on aime les exceptions, l’aire piétonne, initialement signalée par un panneau d’indication malgré sa définition à caractère zonal, a vu ce panneau reclassé dans la gamme prescriptive, sans modification de sa forme : le C 109 est devenu le B 54.
Autre subtilité, en France l’introduction des panneaux de prescription zonale lors de la refonte de juin 77 laissait entrevoir l’usage de panneaux carrés blancs à listel rouge, présentant la vignette d’un panneau de prescription correspondant. C’est comme ça que sont conçus ceux relatifs au stationnement, c’est aussi ce schéma qu’a pris celui de la zone 30.
Malheureusement, l’aire piétonne n’a pas suivi cette forme, pas plus que la zone de rencontre qui fait un savant (?) mélange entre panneau de « zone résidentielle » de la Convention de Vienne et de celui de prescription de vitesse à 20 km/h…
Ces deux panneaux indiquent bien des prescriptions zonales, mais reprennent toute l’apparence des panneaux d’indication
Je crois aussi que la « macle » aurait été plus judicieuse sur un format rond, par cohérence avec le panneau de voie de bus, qui n’impose pas tant une obligation d’usage pour les conducteurs d’autobus qu’une interdiction pour les usagers non-autorisés. Ça ne choque pas plus que ça pour les bus… pas plus qu’un panneau carré d’autoroute ne choque, alors qu’il signale pourtant une interdiction d’usage à tous les usagers non-motorisés, et plus encore.
Quitte à broder, on aurait très bien pu imaginer une autre philosophie et signaler les arrêts de transport en commun non pas avec des panneaux de police, mais avec des panneaux issus de la directionnelle (l’aspect prescriptif étant de toute façon contenu dans le code). Ça aurait en plus facilité la normalisation à grande échelle de leur repérage, une meilleure lisibilité, etc.
On aurait alors gardé les panneaux carrés pour les voies réservées (bus et tram), en cohérence avec les panneaux d’autoroute et de voie express.
Je m’arrête là, on bascule dans la signa-fiction
dark_green67 : ce panneau expérimental n’est pas zonal mais est simplement une indication de voie réservée, tout comme le panneau de voie cyclable conseillée.
Un panneau zonal s’applique à l’ensemble des chaussées dans le périmètre de la zone, ce n’est pas le cas ici.
En toute logique, il devrait être répété après chaque bretelle d’entrée, mais je présume que ce sera aussi fait par marquage (le losange est déjà prévu dans les arrêtés d’expérimentation).